LA CAVERNE DES ENFANTS

Tu vas retrouver ici des histoires merveilleuses de tous les pays, des palais dans des régions lointaines, des princesses, des dieux, des animaux qui parlent aux hommes, des lieux magiques. Car les histoires sont faites pour inventer le monde que l'on souhaite. On peut monter sur la lune et vivre mille ans. Tout est possible. Tu pourras aussi jouer à des jeux comme des mots cachés ou des mots croisés.. 

Chang'e, déesse de la lune

Urashima Taro et la déesse de l'océan

Retrouve les mots cachés du Japon

Retrouve les mots cachés de Noël

   





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MOTS CACHES DE NOEL

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MOTS CACHES DU JAPON

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URASHIMA TARO ET LA DÉESSE DE L'OCÉAN

Un conte japonais traditionnel

A toi maintenant de le découvrir

Autrefois, au pays de Tagon, se trouvait un gros village du nom de Mizunoé. Dans ce village vivait un pêcheur appelé Urashima Taro. C'était un homme jeune, bon, au cœur sensible qui, de sa vie, n'avait jamais fait de mal à personne.

Urashima Taro revenait un soir de la pêche. La prise avait été très bonne et il rentrait satisfait de sa journée et joyeux. Sur le rivage, il remarque une bande de jeunes garçons, qui semblait prendre un malin plaisir à tourmenter une petite tortue, trouvée sur le sable.

Urashima Taro n'aimait pas qu'on fasse souffrir les bêtes. Il eut pitié de la tortue. S'approchant des enfants, et s'efforçant de donner à sa voix un ton autoritaire :
- Quel mal vous a donc fait cette innocente tortue, pour la tourmenter de la sorte ? Ignorez-vous que les dieux punissent les enfants qui maltraitent les animaux ?
- Mêlez-vous donc de ce qui vous regarde, répond avec insolence le plus âgé de la troupe. Cette tortue n'appartient à personne. Nous sommes libres de la tuer si cela nous fait plaisir. Vous n'avez rien à voir.

Le pêcheur comprend qu'aucun raisonnement ne pourra convaincre ces cœurs sans pitié. Il change de tactique et prend un ton plus radouci

- Allons, ne vous fâchez pas ainsi, les enfants ! Je n'avais pas l'intention de vous gronder. Je voulais vous proposer un marché. Voulez-vous me vendre cette tortue ? Je vous en donne vingt sous. Cela vous va-t-il ?

Vingt sous ! C'était une fortune pour ces enfants. Ils acceptent sans hésiter ; Urashima Taro leur donne deux petites pièces blanches ; aussitôt ils courent au village acheter des gâteaux. Resté seul avec la tortue, qu'il a conscience d'avoir arrachée à une mort certaine, le brave pêcheur la soulève dans les mains, et lui dit, en la caressant :

Pauvre petit animal ! Le proverbe te donne dix mille ans d'existence, tandis qu'il n'en accorde que mille à la cigogne. Que serais-tu devenu sans moi ? Je crois bien que tes dix mille ans auraient été considérablement écourtés ! Car ils allaient te tuer, ces vauriens !...Allons, je vais te rendre la liberté. Mais à l'avenir, sois prudente, et surtout ne retombe jamais plus dans les mains des enfants.

Cela dit, il dépose la tortue sur le sable, et la laisse aller. Puis, jouissant de la pleine satisfaction que procure toujours une bonne action, il retourne en sifflant à sa demeure. Ce soir-là, la soupe lui parut meilleure, et son sommeil fut plus léger...

Le lendemain matin, Taro, s'étant levé de bonne heure, part pour la pêche, selon son habitude. Le voilà qui gagne le large, monté sur sa petite barque. Il va jeter son filet. Tout à coup, il perçoit dans l'eau un clapotement étrange ?

- Monsieur Urashima ! Fait une voix derrière lui.

Le pêcheur se demande qui peut bien, à cette heure matinale, l'appeler par son nom. Il regarde autour de lui, mais il ne voit rien ni personne. Croyant s'être trompé, il se dispose de nouveau à commencer sa pêche.

- Monsieur Urashima ! Répète la même voix.

Taro se retourne une seconde fois. Quelle n'est pas sa surprise, d'apercevoir, tout auprès de la barque, la petite tortue, la tortue dont, la veille, il a sauvé la vie !

- Oh ! C'est donc toi qui m'as appelé ?

- Oui, c'est moi, Monsieur Urashima. Je suis venue vous dire bonjour, et vous remercier du service que vous m'avez rendu hier soir.

- Voilà qui est bien aimable de ta part. Voyons ! Que pourrais-je t'offrir ? Si tu fumais, je te passerais volontiers ma pipe. Mais tu ne dois pas fumer, toi !

- Non, je ne fume pas, Monsieur Urashima. Mais, sans vouloir abuser, j'accepterais avec plaisir une tasse de saké.

- Du saké ? De l'alcool de riz ? Tu bois donc du saké ! Tu as de la chance ! J'en ai justement ici une petite bouteille. Il n'est pas de première qualité, mais il n'est pas mauvais tout de même. Voici !

Et le pêcheur, emplissant une tasse, la passe à la tortue, qui l'avale d'un trait. Puis, la conversation, un instant interrompue, continue de la sorte :

- En veux-tu une seconde tasse ?

- Non, merci, Monsieur Urashima. Une seule me suffit...A propos, avez-vous déjà visité le palais d'Otohimé, la déesse de l'Océan ?

- Non, pas encore.

- J'ai justement l'intention de vous y conduire aujourd'hui.

- Comment ? Tu veux m'y conduire ? Mais il doit être bien loin, ce palais ! D'abord, je ne sais pas nager comme toi. Comment veux-tu que je te suive ?

- Oh ! Il n'est pas nécessaire de savoir bien nager, Monsieur Urashima. Vous n'aurez même pas à nager du tout. Vous allez montez sur mon dos ; je vous porterai moi-même.

- Monter sur ton dos !...Mais, tu n'y penses pas, ma petite tortue. Quand bien même tu serais dix fois plus grosse, il serait impossible à un homme comme moi de monter sur ton dos, et de s'y tenir sans danger !

- Ah ! Monsieur Urashima, vous trouvez que je suis trop petite ? C'est bien...Attendez une seconde. Vous allez voir.

Et voilà que la petite tortue se met à grossir...à grossir...Elle devient aussi grosse que la barque du pêcheur. Celui-ci, frappé de stupeur, n'hésite plus. Il monte sur le dos de l'animal, s'y installe à son aise. Et la tortue l'emporte vers le palais d'Otohimé, la déesse de l'Océan.

Au bout de quelques heures, Taro aperçoit dans le lointain un immense monument :

- Quel est ce monument ? Demande-t-il à la tortue.

- C'est le portail du palais, répond-elle.

Et, à mesure qu'ils approchent, le portail semble grandir, et se teinter de couleurs brillantes.

Ils arrivent enfin. La tortue dépose son cavalier sur du sable, dont chaque grain est une perle. Le pêcheur peut voir alors que le portail est en or massif, incrusté de pierreries. Deux énormes dragons en gardent l'entrée. Ils ont un corps de cheval, une tête et des griffes de lion, des ailes d'aigle et une queue de serpent. Leur aspect est terrible ; néanmoins, c'est d'un regard plein de douceur qu'ils fixent le nouvel arrivé.

La tortue seule avait pénétré sous le porche. Elle en sortit bientôt, accompagnée d'une multitude de poissons. Il y en avait de toutes les grandeurs et de toutes les formes. Chacune des espèces que renferme l'Océan était représentée. Ils s'avancèrent au-devant du pêcheur et le saluèrent jusqu'à terre, avec toutes les marques de la sympathie et du respect.

S'appuyant sur une rampe d'ivoire, il monte les sept marches d'un escalier de marbre, et arrive devant la porte en bois d'acajou, sur laquelle scintillent des émeraudes. Elle s'ouvre d'elle-même et Taro pénètre dans l'appartement de la déesse. C'est une salle immense, dont le plafond en corail est tenu par vingt colonnes de cristal. De nombreuses lampes en vermeil y donnent une douce et brillante lumière. Les parois sont en marbre parsemé de rubis et de pierreries diverses.

Au milieu de toutes ces merveilles, assise sur un trône de diamant, ornée de ses plus riches parures, et environnée de toute sa cour, se tien Otohiné, la déesse de l'Océan. Elle est extraordinairement belle, plus belle que l'aurore à son lever.

Lorsque Urashima Taro la vit, elle le contemplait avec son plus gracieux sourire. Il voulut se prosterner. La déesse ne lui en laissa pas le temps. Se levant de son trône, elle s'avança vers lui, majestueuse et aimable, et lui prenant affectueusement les mains :

- Soyez le bienvenu ! Lui dit-elle. J'ai appris que, hier soir, vous aviez sauvé la vie à l'un des sujets les plus vénérés de mon empire. J'ai voulu vous en exprimer de vive voix ma sincère reconnaissance, et voilà la raison pour laquelle je vous ai fait venir ici.

Urashima Taro ne savait que répondre ! Il se tut ! Alors, sur un signe de la déesse, on le fit asseoir sur un coussin en soie, cousue de fil d'or. On lui apporta une petite table, en ivoire, sur laquelle étaient posés, dans des plateaux de vermeil, toutes sortes de plats appétissants ? Taro fit un repas, comme il n'en avait jamais fait depuis qu'il était au monde ? Quand il eut fini de manger, la déesse le conduisit voir les diverses parties de son palais.

Le pêcheur marchait de surprise en surprise, d'éblouissement en éblouissement. Mais ce qui le frappa le plus, et mit le comble à son admiration, ce fut le jardin ? Il y avait là quatre parterres immenses ; chacun représentait l'une des quatre saisons de l'année ?

A l'est, c'était le parterre du printemps : d'innombrables pruniers et cerisiers en fleurs s'élevaient au-dessus d'un verdoyant gazon ; de nombreux rossignols y modulaient leurs délicieuses romances ; des alouettes y faisaient leur nid.

Au sud s'étendait le parterre de l'été : là, des pommiers et des poiriers, dont les branches pliaient sous le poids de leurs fruits. Des cigales y remplissaient l'air de leurs cris assourdissants et monotones. Il y régnait une grande chaleur, tempérée par un vent très doux.

L'automne était représenté par le parterre de l'ouest. Le sol y était couvert de feuilles jaunissantes et de bouquets de chrysanthèmes. Enfin, le parterre de l'hiver était au nord : c'était un immense tapis de neige, entourant un étang de glace...

Taro passa sept jours dans ce palais enchanteur. Fasciné par toutes les merveilles qui s'offraient à ses regards, charmé de la bonté que lui témoignait la déesse, et du bien-être qu'il éprouvait auprès d'elle, il avait oublié son village ; il ne songeait plus à son vieux père, à sa femme, à sa barque, à ses filets.

Un jour pourtant il s'en souvint, et la tristesse le prit.

- Que doit penser mon père, se dit-il, d'une si longue absence ? Combien ma femme et mes enfants doivent être inquiets, et attendre mon retour ! Ils me croient peut-être mort, englouti au fond de l'Océan ! Et ma barque, qu'est-elle devenue ? Et mes filets ?...

Alors, Urashima Taro résolut de partir. Il en parla à la déesse. Celle-ci essaya bien de le retenir encore, mais malgré son insistance, il avait pris sa décision. Ce voyant, la belle Otohimé le prit à part dans sa chambre secrète et, tirant du fond d'un coffre une petite boîte en laque, elle la lui donna, en disant :

- Puisqu’à tout prix vous voulez partir, Monsieur Urashima, je ne vous retiens plus. Tenez ! Emportez cette boîte, comme souvenir de moi et de votre séjour ici. Mais promettez-moi que, quoiqu'il arrive, vous ne l'ouvrirez jamais. Monsieur, retenez bien mes paroles : le jour où, cédant à une curiosité coupable, vous ouvrirez cette boîte, vous êtes un homme mort.

Urashima Taro accepta le présent avec beaucoup de reconnaissance. Il promit que jamais il n'ouvrirait la boîte, quoiqu'il puisse arriver. Puis la déesse l'embrassa sur le front, elle l'accompagna jusqu'au seuil de sa porte, et ils se séparèrent. Le pêcheur remonta sur le dos de la tortue, et celle-ci le ramena au rivage...

Urashima Taro est de retour. Mais, comme tout a changé pendant son absence ! Les arbres qui se trouvent à l'entrée du bourg ne sont plus ceux qu'il était habitué à y voir. Le village s'est agrandi ; il y a des maisons nouvelles, des maisons comme il n'en a jamais vu de sa vie. Quel n'est pas son étonnement de ne plus retrouver aucune de ses connaissances. Tous les visages qu'il rencontre lui sont entièrement inconnus !

Ne comprenant plus rien à cette soudaine métamorphose des hommes et des choses, Urashima Taro ne sait que penser ni que croire. Il lui tarde de retrouver son père, sa femme et ses enfants, pour apprendre de leur bouche le pourquoi de ce qui l'étonne. Il se dirige vers sa demeure. Là, sa surprise redouble. C'est bien cette maison qu'il a quittée, il y a sept jours. Mais elle tombe en ruines. Il s'approche et jette un coup d’œil à l'intérieur. Il n'y retrouve ni son père, ni sa femme, ni ses enfants.

Sur la natte, un vieillard est assis, les bras appuyés sur le bord de brasero, mais ce vieillard n'est pas son père ! Taro va défaillir sous le poids d'une émotion trop forte. Il se contient pourtant encore.

- Bon vieillard, demande t-il d'une voix étouffée, il y a sept jours que j'ai quitté ce village. Tout y a changé depuis. Cette maison est à moi, et je vous y trouve, vous, un inconnu. Où sont donc mon vieux père, ma femme et mes enfants, que j'ai laissé ici ?

- Jeune homme, répond le vieillard, qui croit avoir à faire à un fou, je ne sais ce que vous voulez dire. Qui êtes-vous donc ? Quel est votre nom ?

- Je suis Urashima Taro, le pêcheur.

- Urashima Taro ! S'écrie le vieillard au comble de la surprise, mais alors, vous êtes...un fantôme...un revenant...une ombre !...J'ai souvent, en effet, entendu parler d'un certain Urashima Taro. Mais, voilà bien longtemps qu'il n'est plus de ce monde. Il y a sept cent ans qu'Urashima Taro est mort !

- Sept cents ans ! S'écrit le pêcheur.

Aussitôt il pâlit et chancelle. Ces dernières paroles du vieillard sont pour lui comme un trait de lumière. Il a compris ! Il a compris qu'il a passé sept cents ans ans dans le palais de la déesse Otohimé, et que ces sept cents ans lui ont semblé sept jours...

Une profonde tristesse envahit son âme. Il quitte ce village inhospitalier, qui n'est plus le sien, et où il n'a personne. Tout pensif, il se rend sur la plage. Instinctivement, ses regards cherchent à apercevoir une tortue : car il voudrait bien maintenant retourner au palais...Mais la tortue a disparu, probablement pour toujours...

Urashima Taro s'assied sur le sable, et verse des larmes brûlantes. Tout à coup, ses yeux se portent sur la boîte, le boîte mystérieuse qu'Otohimé lui a donnée au départ, et à laquelle, dans son trouble, il n'avait pas songé.

- Que contient cette boîte ?...La déesse m'a dit, en me la remettant : le jour où, par une curiosité coupable, vous ouvrirez cette boîte, vous êtes un homme mort...Une déesse ne ment point...et pourtant, qui sait ?...Peut-être est-ce pour m'éprouver qu'elle m'a dit cela ! ...Peut-être cette boîte contient-elle mon bonheur !...Et puis, après tout, que m'importe la mort à cette heure ?...Ne suis-je pas seul au monde, sans parents, sans amis, sans connaissances, sans fortune ?...Oui, mieux vaut cent fois la mort, qu'une existence aussi malheureuse !...

Ainsi pense Urashima Taro. Alors, d'un mouvement nerveux, il entrouvre la boîte. Il en sort un nuage épais, qui l'enveloppe des pieds à la tête. Soudain, ses cheveux deviennent blancs comme la neige, son front se ride, ses membres se dessèchent et il tombe mort sur la plage.

Le lendemain, des pêcheurs découvrirent sur la grève le corps d'un homme qui avait vécu sept cents ans...

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CHANG'E, DEESSE DE LA LUNE

Chang'e, dans la mythologie chinoise, est une divinité, une déesse associée à la lune. La légende que tu vas lire explique comment elle a pu se retrouver sur la lune.

Sais-tu que Chang'e est évoquée lors de la Fête de la Mi-Automne. C'est le moment pour la famille de se réunir et de manger une pâtisserie bien particulière, le gâteau de Lune".

Chang'e est tellement présente dans la culture chinoise que c'est son nom qui a été choisi par l'agence spatiale chinoise pour nommer ses missions vers la lune (Chang'e 1, Chang'e 2, Chang'e 3 …).

A toi maintenant de découvrir cette légende.

Sur la demande de l'Empereur Céleste, Yi abattit les neuf soleils, châtia le démon des eaux Hebo et tua nombre de monstres et d'animaux féroces. Le peuple l'aimait et le vénérait. Yi voyageait beaucoup, se liait d'amitié avec la population et menait une vie paisible.

Un jour, alors qu'il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l'autre rive une jeune fille puiser de l'eau avec un tube de bambou.

Sa longue course l'avait assoiffé. Il s'approcha de la jeune fille et lui demanda à boire. Devinant qu'il était le héros Yi, elle l'accueillit aimablement, lui offrit à boire et lui cueillit une belle fleur en témoignage de son respect. Yi choisit alors dans ses trophées une magnifique peau de renard et lui en fit cadeau.

En bavardant avec elle, il apprit qu'elle s'appelait Chang'E. Ses parents avaient été tués par des animaux sauvages. Depuis, elle vivait seule.

Yi se prit de pitié pour elle et Chang'E le respectait beaucoup. les deux jeunes gens tombèrent amoureux l'un de l'autre. Peu de temps après, Yi et Chang'E se marièrent et devinrent inséparables.

Très attachés l'un à l'autre, ils menaient une vie heureuse, et Yi oublia complètement de retourner au ciel.

Lorsque l'Empereur Céleste apprit que Yi s'était marié sur Terre et ne voulait pas revenir au ciel, il se mit dans une grande colère. Dès lors, il fut interdit à Yi de remonter au ciel, mais il se consola en trouvant qu'il était plus heureux sur terre. Ainsi continua-t-il à vivre sur la Terre.

Mais Yi savait que la vie des êtres humains a ses limites. Un jour, il dit à sa femme :
- Quand j'étais au ciel, j'ai entendu dire que dans les monts Kunlun, à l'Ouest, habite la Reine-mère d'Occident. Elle possède une pilule d'immortalité. Je vais aller la chercher.

Ils étaient très tristes de cette première séparation mais, pour vivre éternellement tous les deux, ils étaient prêts à affronter le danger et la mort. Yi prit son arc et ses flèches, enfourcha un bon cheval et se dirigea vers l'Ouest.

Après avoir surmonté d'innombrables difficultés, Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun.

La Reine savait que Yi était un héros céleste qui avait délivré le peuple de nombreux fléaux. Aussi l'accueillit-elle avec beaucoup de respect.

Ayant appris le but de sa visite, la Reine ordonna à l'Oiseau à trois pattes, gardien des pêches d'immortalité, d'apporter une calebasse contenant une pilule d'immortalité fabriquée à partir d'un des fruits de l'arbre d'immortalité. Cet arbre ne donnait des fruits qu'une fois tous les trois mille ans ; c'est pourquoi ces pilules étaient très rares et extrêmement précieuses.

- Emporte cette pilule, dit la Reine, c'est la seule qui me reste. Néanmoins, c'est largement suffisant pour ton épouse et toi : Prenez-en chacun la moitié, et vous deviendrez immortels. Mais attention, si l'un de vous deux l'avale entière, il s'envolera au ciel et ne pourra jamais plus redescendre sur Terre.
- Je ne suis venu chercher la pilule d'immortalité que pour vivre éternellement avec Chang'E, répondit l'Archer céleste. Puis il prit la calebasse, remercia la Reine et partit.

Lorsque Yi retrouva Chang'E, il lui raconta tout ce qui s'était passé et lui confia la pilule d'immortalité.
Je suis passé par mille épreuves pour aller la chercher. Si nous la partageons, nous deviendrons immortels tous les deux. Mais si l'un de nous l'avale entière, il ira au ciel sans espoir de retour. Garde-la précieusement, nous la partagerons un jour faste prochain et nous vivrons ensemble éternellement heureux.

Chang'E mit la calebasse dans sa poche avec précaution.

Yi habitait sur la Terre depuis longtemps déjà et un grand nombre de jeunes gens venaient le voir pour apprendre le tir à l'arc. Yi leur enseignait consciencieusement son art. Lorsque le maître est compétent, ses disciples sont brillants, dit le proverbe.

De fait, la plupart de ses élèves devinrent de célèbres archers.
L'un d'entre eux s'appelait Feng Meng. C'était un bon archer, mais un homme ambitieux et jaloux. Il caressait l'espoir que son maître mourût avant lui, afin de devenir le meilleur archer du monde.
Un jour que Yi était allé chasser, Feng Meng en profita pour pénétrer chez lui et menaça Chang'E de son arc.
- Donne-moi vite la pilule d'immortalité, lui ordonna-t-il, sinon je te tuerai.

Surprise, Chang'E lui demanda :
- Feng Meng, tu es le disciple de Yi ; pourquoi... ?
- Je ne considère plus Yi comme mon maître. Devrais-je toujours rester un archer de second ordre toute ma vie ? Non, car il mourra avant moi ! rétorqua Feng Meng en riant sarcastiquement.
Chang'E était rouge d'émotion et de colère.
- Allons, dépêche-toi de me donner cette pilule ! Cria Feng Meng en brandissant son arc d'un air menaçant.

Chang'E pensa à toutes les épreuves que son mari avait dû traverser pour aller chercher la pilule d'immortalité. Elle ne devait pas laisser Feng Meng s'en emparer. Alors Chang'E sortit de sa poche la pilule et, au moment où Feng Meng tendait la main, la porta rapidement à la bouche. Elle l'avala et s'élança vers la porte.
Chang'E avait déjà franchi le seuil lorsqu'elle se sentit toute légère et s'envola vers le ciel. En pensant à son mari resté sur terre, elle décida de se réfugier sur l'astre le plus proche, la Lune. Dès lors, le Palais lunaire, dans lequel vivait désormais Chang'E, brilla d'un éclat nouveau.

Lorsqu'à son retour de la chasse, Yi apprit ce qui s'était passé, une immense tristesse l'envahit. Il regarda la Lune et pensa à sa femme Chang'E ; des larmes inondaient ses joues.
Devant l'ingratitude que Feng Meng lui avait témoigné, Yi fut rempli de colère. Il prit son arc et ses flèches et sortit à la recherche de son disciple.

Feng Meng s'était caché dans un bois derrière la maison de Yi. Lorsque celui-ci passa à la hâte devant lui sans le voir, il lui assena un violent coup de bâton sur la tête. Yi s'affaissa, mortellement blessé. Lorsque les disciples de Yi découvrirent le crime de Feng Meng, ils arrêtèrent ce dernier immédiatement, l'attachèrent à un grand arbre et le transpercèrent chacun d'une flèche. Son ambition démesurée l'avait mené à sa perte.

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